IRONMAN BARCELONA 2019 – 5000 Leçons et 5 Minutes de Trop

Je termine 7ème de l’Ironman de Barcelone.

Un résultat qui, d’un point de vue extérieur, ne vaut pas grand chose, mais cette course m’aura tout de même énormément apporté. L’an dernier, sur le même parcours et avec des conditions météorologiques similaires, la course s’est gagnée en 8h04. Cette année, les 5 premiers athlètes terminent sous ce temps de référence et le vainqueur boucle le tout 20min plus vite. Une performance hallucinante qui m’a permis d’ouvrir les yeux sur mon niveau de vélo actuel.

Mon objectif était de faire un chrono aux alentours des 8h. Au vu du parcours, j’étais confiant. Si le jour ‘J’ avait été un jour « avec », j’aurais peut être pu aller chercher les 7h55 ; mais ce fut un jour « sans » qui se solde par un chrono de 8h05.

Dès les premiers mètres de natation, j’ai su que la journée allait être très longue pour moi et que pour atteindre l’objectif, il me faudrait puiser au plus profond de mes tripes (ce qui m’a d’ailleurs valu une demi heure sous perfusion après le passage de la ligne !).

Malgré une place qui semble loin de la victoire, je sais que les conditions n’ont pas joué en ma faveur et que des erreurs bêtes m’ont coûté le podium. Tout d’abord, et à mon plus grand étonnement, les pros ont roulé en pack. Mon plan était de laisser redescendre les pulses (relativement hautes à la sortie de l’eau) pendant les 10 premiers kilomètres de vélo. Ce fut la plus grosse erreur de la journée ! J’ai laissé filer un pack de 6 ; ils ont roulé et travaillé ensemble jusqu’à compter 6min d’avance. Quant à moi, j’ai passé les 100 premiers kilomètres seul, tête dans le guidon avec 3 mecs dans ma roue.

Mis à part le vainqueur qui était nettement plus fort, j’estime que j’aurais pu rester dans ce groupe de tête si j’avais fait l’effort à la sortie de la T1. Cela aurait changé toute la course et m’aurait peut être permis de conserver plus d’énergie pour le marathon. Je suis bien triste de voir un sport individuel se transformer en épreuve tactique où les athlètes s’appuient de plus en plus sur le drafting. Je considère que certaines places du top 10 ont été décrochées assez malhonnêtement…

Néanmoins, c’est le jeux et je n’y peux rien, c’est un aspect «incontrôlable» et il faut faire avec. Je vais retourner bosser et trouver une façon de changer cette dynamique de course. Malgré cette 7eme place qui ne me satisfait pas, je reviens de Barcelone beaucoup plus confiant. Il y a quelques semaines, j’étais incapable de faire une semaine à 10h d’entraînement. J’ai enchaîné les mésaventures (insolation et côte cassée) et ce résultat reste donc correct suivant les circonstances.

J’avais à cœur de faire une course pleine, réussie de bout en bout, et de montrer ce dont j’étais capable. J’ai fait 8h05 sur un jour où malheureusement tout n’a pas joué en ma faveur. Sans aucun doute, les erreurs faites pendant la préparation et le jour ‘J’ me serviront pour la suite. Je suis globalement satisfait de cette 1ère année sur le circuit LD. Je n’ai jamais autant appris en si peu de temps et j’ai hâte de voir jusqu’où je peux aller.

Mon père et moi avons fixé des objectifs à long terme et pour cela il faut savoir prendre du recul. Je vais donc prendre 5 semaines complètes sans sport avant de retourner gentiment à l’entraînement. Depuis mes 13 ans, je n’ai jamais pris plus de 2 semaines de véritable repos et j’estime avoir accumulé pas mal de fatigue aux cours des ces dernières années. Il est aussi très important de laisser le corps se reposer afin d’avoir une certaine longévité dans sa carrière. Je n’ai jamais eu de blessure grave suite au surentraînement et je ne veux pas vivre ça. Ces 5 semaines seront l’occasion pour moi de devenir mangeur de flan professionnel et d’augmenter mon taux d’alcoolémie dans le sang (à consommer avec modération bien sûr!), mais surtout de profiter du temps avec mes proches.

À dans 5 semaines!