Le Lakesman 2019 – Joyeuse Fête des Pères

Le Lakesman Triathlon est un ironman qui se déroule dans le parc national du Lake District (Angleterre), non loin du lieu où ma famille a grandi. Mon père est allé à l’école à Keswick et connaît les routes de la région comme sa poche. Il était motivé pour s’entraîner sérieusement et prendre le départ de cette course qui lui tenait à cœur. Malheureusement, une rupture des tendons rotuliens pendant la préparation l’a obligé à renoncer. J’ai pris sa place et suis entré dans l’arène.

Je n’avais pas d’attentes particulières en arrivant sur cette course. Le but était d’évaluer mon niveau, de gagner de l’expérience sur cette distance et de prendre notes des éventuelles erreurs afin de ne plus les commettre sur les courses futures. En d’autres termes, il s’agissait d’une course d’entraînement intéressante quant à la préparation de l’ironman de Barcelone (début octobre), course au niveau relevé où j’espère devenir le plus jeune triathlète à passer sous les huit heures.

Le Lakesman m’a tout d’abord permis de valider le travail que j’ai abattu pendant ces huit derniers mois. Mais plus important encore, il m’a permis de prendre conscience de mon véritable niveau et de gagner en assurance. Je reviens de ce triathlon plus confiant que je ne l’ai jamais été.

Passer la barrière des huit heures à Barcelone ne sera pas chose facile mais après avoir fait un chrono de 8h20 sur un parcours tel que celui-ci et sans préparation spécifique, je pense que c’est un objectif plus que réalisable.

La course ne s’est pas véritablement déroulée comme je le pensais. L’objectif était de nager 45mins, de finir le vélo en 4h30 (moyenne de 275W) et de courir le marathon en moins de trois heures.

La natation était un peu plus longue que prévu (4km), il était donc très compliqué de nager 45mins. Je ne m’en suis pas préoccupé et je suis resté concentré sur le travail qu’il restait à faire.

Mon parcours de vélo a parfaitement débuté : j’ai pu rouler à une moyenne de 280W sur les deux premières heures. Mais la deuxième moitié du parcours a été plus difficile : j’ai perdu ma bouteille qui contenait ma principale source de nutrition ; de plus, les routes humides et sinueuses m’ont obligé à rester vigilant sur la partie technique. Pour être tout à fait honnête, sur les derniers 30km du parcours, je pensais avoir complètement « explosé ». A tous moments, je m’attendais à voir les autres concurrents revenir sur moi et me dépasser. Je suis resté concentré sur moi-même pour parvenir à donner 100% jusqu’à la fin. J’ai terminé le vélo avec une moyenne de 20watts de moins que ce que je m’étais fixé. Il était donc temps de rattraper ce temps « perdu ».

En sortant de la deuxième transition, impossible de ressentir quelque douleur tant la foule était présente pour encourager les athlètes. Je me suis vite rendu compte que je courais en moins de 4mins au kilomètre et que cette allure me convenait, bien qu’elle soit plus élevée que celle que nous avions prévu avec mon père. Je n’ai donc pas voulu ralentir délibérément, je me savais capable de tenir cette allure pendant au moins 35km. J’ai rarement été si concentré sur le moment présent : foulée après foulée, je me préoccupais seulement de m’alimenter correctement. A 10km de la ligne d’arrivée, j’ai commencé à craquer. C’est à ce moment là que débute véritablement un ironman. La dernière heure est toujours épouvantable, que nous finissions la course en huit heures ou en quinze. Les dix derniers kilomètres ne se passent que dans la tête, il faut aller chercher sa motivation au plus profond de soi et continuer d’avancer. Cette course là, je l’ai courue pour mon père ; cet homme qui a toujours cru en moi et en mon potentiel et qui se lève parfois à quatre heures du matin, alors que tout le monde dort, pour préparer mon programme d’entraînement. Je savais qu’une victoire à Keswick représenterait bien plus que n’importe qu’elle autre victoire à ses yeux.

Courir mon marathon en 2h42 (bien qu’il manque presque 2km) est un progrès énorme. Depuis petit, je n’ai jamais été un grand coureur, je n’avais pas de talent ou de facilité particuliers pour cette discipline. Bon nageur, bon cycliste, je n’ai par ailleurs jamais réussi à me hisser auprès des meilleurs coureurs. Cependant, avec ma famille, nous n’avons jamais baisser les bras. Avec ce temps sur marathon, nous avons prouvé que le dévouement, le travail et l’obstination sont les clés du succès.

Le temps final est loin de faire partie des meilleurs chronos mondiaux, malgré un record battu, celui de l’ironman le plus rapide jamais couru sur le sol britannique. Toutefois, je peux aujourd’hui vous assurer que je parviendrai à rejoindre les meilleurs triathlètes mondiaux et que mon petit chemin me mènera jusqu’aux plus hauts sommets. Je continuerai à poursuivre mes rêves jusqu’au bout, jusqu’à les avoir tous atteints, un par un.

Prochain rendez-vous → Barcelone ! A très vite.

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